Archives de la catégorie 'Art Ultime'

LXXIX UNE MARTYRE – Charles Baudelaire

Au milieu des flacons, des étoffes lamées
Et des meubles voluptueux,
Des marbres, des tableaux, des robes parfumées
Qui traînent à plis paresseux,

Dans une chambre tiède où, comme en une serre,
L’air est dangereux et fatal,
Où des bouquets mourants dans leurs cercueils de verre
Exhalent leur soupir final,

Un cadavre sans tête épanche, comme un fleuve,
Sur l’oreiller désaltéré
Un sang rouge et vivant, dont la toile s’abreuve
Avec l’avidité d’un pré.

Semblable aux visions pâles qu’enfante l’ombre
Et qui nous enchaînent les yeux,
La tête, avec l’amas de sa crinière sombre
Et de ses bijoux précieux,

Sur la table de nuit, comme une renoncule,
Repose, et, vide de pensers,
Un regard vague et blanc comme le crépuscule
S’échappe des yeux révulsés.

Sur le lit, le tronc nu sans scrupules étale
Dans le plus complet abandon
La secrète splendeur et la beauté fatale.
Dont la nature lui fit don ;

Un bas rosâtre, orné de coins d’or, à la jambe
Comme un souvenir est resté ;
La jarretière, ainsi qu’un œil vigilant, flambe
Et darde un regard diamanté.

Le singulier aspect de cette solitude
Et d’un grand portrait langoureux,
Aux yeux provocateurs comme son attitude,
Révèle un amour ténébreux,

Une coupable joie et des fêtes étranges
Pleines de baisers infernaux,
Dont se réjouissait l’essaim des mauvais anges
Nageant dans les plis des rideaux ;

Et cependant, à voir la maigreur élégante
De l’épaule au contour heurté,
La hanche un peu pointue et la taille fringante
Ainsi qu’un reptile irrité,

Elle est bien jeune encor ! — Son âme exaspérée
Et ses sens par l’ennui mordus
S’étaient-ils entr’ouverts à la meute altérée
Des désirs errants et perdus ?

L’homme vindicatif que tu n’as pu, vivante,
Malgré tant d’amour, assouvir,
Combla-t-il sur ta chair inerte et complaisante
L’immensité de son désir ?

Réponds, cadavre impur ! et par tes tresses roides
Te soulevant d’un bras fiévreux,
Dis-moi, tête effrayante, a-t-il sur tes dents froides
Collé les suprêmes adieux ?

— Loin du monde railleur, loin de la foule impure,
Loin des magistrats curieux,
Dors en paix, dors en paix, étrange créature,
Dans ton tombeau mystérieux ;

Ton époux court le monde, et ta forme immortelle
Veille près de lui quand il dort ;
Autant que toi sans doute il te sera fidèle,
Et constant jusques à la mort.

Pas de commentaire »

Sam le 10 juin 2009 dans Art Ultime

Letter 2 my unborn child – 2Pac Shakur

Tupac est au rap, ce que Mozart est au classique, un génie mort trop tôt. Mais dont les oeuvres sont vouées à traverser les siècles…



Paroles :
To my unborn child..
To my unborn child.. in case I don’t make it
Just remember daddy loves you
{*talking in background*}
To my unborn child..
To my unborn..

Now ever since my birth, I’ve been cursed since I’m born to wild
in case I never get to holla at my unborn child
Many things learned in prison, blessed and still livin
Tryin to earn every penny that I’m gettin, and reminiscin
to the beginnin of my mission
When I was conceived, and came to be in this position
My momma was a Panther loud, single parent but she proud
when she witnessed baby boy rip a crowd
To school, but I dropped out, and left the house
Cause my mama say I’m good for nothin, so I’m out
Since I only got one life to live, God forgive me for my sins
Let me make it and I’ll never steal again, or deal again
My only friend is my misery
Wantin revenge for the agony they did to me
See my life ain’t promised but it’ll sure get better
Hope you understand my love letter, to my unborn child

[Refrain] :
I’m writing you a letter
This is to my unborn child
Wanna let you know I love you
Love you, if you didn’t know I feel this way
How I, think about you every day
I have so much to say

Seems so complicated to escape fate
And you can never understand ’til we trade places
Tell the world I feel guilty to bein anxious
Ain’t no way in hell, that I could ever be rapist
It’s hard to face this, cold world on a good day
When will they let the little kids in the hood play?
I got shot five times but I’m still breathin
Livin proof there’s a God if you need a reason
Can I believe in my own fate
Will I raise my kids in the right, or the wrong way?
Dear mama I’m a man now
I wanna make it on my own, not a handout
Make way for a whirlwind prophesized
I wanna go in peace.. when I gotta die
On these cold streets, ain’t no love, no mercy, and no friends
In case you never see my face again
To my unborn child

[Refrain]

Dear Lord can you hear me, tell me what to say
to my unborn seed in, case I pass away
Will my child get to feel love
Or are we all just cursed to be street thugs? Cause bein black hurts
And even worse if you speak first
Livin my life as an Outlaw, what could be worse?
Cause maybe if I tried to change
Who I’m kiddin? I’ma thug ’til I die, I’ma rider mayne
Touch bases, eat lunch at plush places
Regular criminal oasis awaits us
If there’s a ghetto for true thugs, I’ll see you there
And I’m sorry for not bein there
Just know your daddy was a soldier, me against the world
Bless the boys, and all my little girls
To the Lord I’m eternal, restin in peace
Please take care of all my seeds, to my unborn child

[Refrain]

To my unborn child.. please take of all my kids
My unborn child.. to my unborn child
This letter goes out to.. to the seeds that I might not get to see
cause of this lifestyle
Just know that your daddy loves you, got nuttin but love for you
All I wanted was for you have a better life than I did
That’s why I was out here on a twenty-four hour 365 grind
When you get to be my age you’ll understand
Just know I got love for you
And I’ll see you up there in the ghetto heaven
Cause ghetto heaven gotta be there.. haha, take care
Run wild, but be smart
Follow the rules of the game
I know that sometimes it’s confusin
The rules of the game is gonna get you through it, all day everyday
Watch out for these snakes and fakes, friends comin down the way..

1 commentaire »

Sam le 8 mars 2009 dans Art Ultime, Mots Notés, SamTV

Le calumet de la Paix – Baudelaire

Or Gitche Manito, le Maître de la Vie,
le Puissant, descendit dans la verte prairie,
dans l’immense prairie aux coteaux montueux;
et là, sur les rochers de la Rouge Carrière,
dominant tout l’espace et baigné de lumière,
il se tenait debout, vaste et majestueux.
Alors il convoqua les peuples innombrables,
plus nombreux que ne sont les herbes et les sables.
Avec sa main terrible il rompit un morceau
du rocher, dont il fit une pipe superbe,
puis, au bord du ruisseau, dans une énorme gerbe,
pour s’en faire un tuyau, choisit un long roseau.
Pour la bourrer il prit au saule son écorce;
et lui, le Tout-Puissant, Créateur de la Force,
debout, il alluma, comme un divin fanal,
la Pipe de la Paix. Debout sur la Carrière
il fumait, droit, superbe et baigné de lumière.
Or pour les nations c’était le grand signal.
Et lentement montait la divine fumée
dans l’air doux du matin, onduleuse, embaumée.
Et d’abord ce ne fut qu’un sillon ténébreux;
puis la vapeur se fit plus bleue et plus épaisse,
puis blanchit; et montant, et grossissant sans cesse,
elle alla se briser au dur plafond des cieux.
Des plus lointains sommets des Montagnes Rocheuses,
depuis les lacs du Nord aux ondes tapageuses,
depuis Tawasentha, le vallon sans pareil,
jusqu’à Tuscaloosa, la forêt parfumée,
tous virent le signal et l’immense fumée
montant paisiblement dans le matin vermeil.
Les Prophètes disaient: «Voyez-vous cette bande
de vapeur, qui, semblable A la main qui commande,
oscille et se détache en noir sur le soleil?
C’est Gitche Manito, le Maître de la Vie,
qui dit aux quatre coins de l’immense prairie:
- Je vous convoque tous, guerriers, à mon conseil!».
Par le chemin des eaux, par la route des plaines,
Par les quatre côtés d’où soufflent les haleines
Du vent, tous les guerriers de chaque tribu, tous,
Comprenant le signal du nuage qui bouge,
vinrent docilement à la Carrière Rouge
où Gitche Manito leur donnait rendez-vous.
Les guerriers se tenaient sur la verte prairie,
tous équipés en guerre, et la mine aguerrie,
bariolés ainsi qu’un feuillage automnal;
et la haine qui fait combattre tous les êtres,
la haine qui brûlait les yeux de leurs ancêtres
incendiait encor leurs yeux d’un feu fatal.
Et leurs yeux étaient pleins de haine héréditaire.
Or Gitche Manito, le Maître de la Terre,
les considérait tous avec compassion,
comme un père très-bon, ennemi du désordre,
qui voit ses chers petits batailler et se mordre.
Tel Gitche Manito pour toute nation.
Il étendit sur eux sa puissante main droite
pour subjuguer leur cœur et leur nature étroite,
pour rafraîchir leur fièvre à l’ombre de sa main;
puis il leur dit avec sa voix majestueuse,
comparable à la voix d’une eau tumultueuse
qui tombe et rend un son monstrueux, surhumain:

II.

«O ma postérité, déplorable et chérie!
O mes fils! Écoutez la divine raison.
C’est Gitche Manito, le Maître de la Vie,
qui vous parle! Celui qui dans votre patrie
a mis l’ours, le castor, le renne et le bison.
Je vous ai fait la chasse et la pêche faciles;
pourquoi donc le chasseur devient-il assassin?
Le marais fut par moi peuple de volatiles;
pourquoi n’êtes-vous pas contents, fils indociles?
Pourquoi l’homme fait-il la chasse à son voisin?
Je suis vraiment bien las de vos horribles guerres.
Vos prières, vos voeux mêmes sont des forfaits!
Le péril est pour vous dans vos humeurs contraires,
et c’est dans l’union qu’est votre force. En frères
vivez donc, et sachez vous maintenir en paix.
Bientôt vous recevrez de ma main un Prophète
qui viendra vous instruire et souffrir avec vous.
Sa parole fera de la vie une fête;
mais si vous méprisez sa sagesse parfaite,
pauvres enfants maudits, vous disparaîtrez tous!
Effacez dans les flots vos couleurs meurtrières.
Les roseaux sont nombreux et le roc est épais;
chacun en peut tirer sa pipe. Plus de guerres,
plus de sang! Désormais vivez comme des frères,
et tous, unis, fumez le Calumet de Paix!»

III.

Et soudain tous, jetant leurs armes sur la terre,
lavent dans le ruisseau les couleurs de la guerre
qui luisaient sur leurs fronts cruels et triomphants.
Chacun creuse une pipe et cueille sur la rive
un long roseau qu’avec adresse il enjolive.
Et l’Esprit souriait à ses pauvres enfants!
Chacun s’en retourna l’âme calme et ravie,
et Gitche Manito, le Maître de la Vie,
remonta par la porte entr’ouverte des cieux.
- A travers la vapeur splendide du nuage
le Tout-Puissant montait, content de son ouvrage,
immense, parfumé, sublime, radieux!

Pas de commentaire »

Sam le 1 mars 2009 dans Art Ultime

How fortunate the man with none …

Merci à mon parrain Michel de m’avoir fait découvrir ce groupe et pour tout le reste…
Définitivement dans le top 10 de mes 40 gigas de mp3. ^^

You saw sagacious solomon
You know what came of him,
To him complexities seemed plain.
He cursed the hour that gave birth to him
And saw that everything was vain.
How great and wise was solomon.
The world however did not wait
But soon observed what followed on.
Its wisdom that had brought him to this state.
How fortunate the man with none.

You saw courageous caesar next
You know what he became.
They deified him in his life
Then had him murdered just the same.
And as they raised the fatal knife
How loud he cried: you too my son!
The world however did not wait
But soon observed what followed on.
Its courage that had brought him to that state.
How fortunate the man with none.

You heard of honest socrates
The man who never lied:
They werent so grateful as youd think
Instead the rulers fixed to have him tried
And handed him the poisoned drink.
How honest was the peoples noble son.
The world however did not wait
But soon observed what followed on.
Its honesty that brought him to that state.
How fortunate the man with none.

Here you can see respectable folk
Keeping to gods own laws.
So far he hasnt taken heed.
You who sit safe and warm indoors
Help to relieve out bitter need.
How virtuously we had begun.
The world however did not wait
But soon observed what followed on.
Its fear of God that brought us to that state.
How fortunate the man with none.

Ces paroles sont celles du titre « How fortunate de the man with none » de l’album Into the labyrinth des « Dead Can Dance ».
Je ne saurais que trop vous conseiller de télécharger l’album il est énorme.

Pas de commentaire »

Sam le 11 janvier 2009 dans Art Ultime, Médias-tics

La photo de l’année 2008

Un volcan au chili sous le tonnerre de Zeus : Dame Nature est grande :)

1 commentaire »

Sam le 19 décembre 2008 dans Art Ultime